Au Sénégal, Mbedd mi/la rue fait l’objet de représentations et d’usages divers au quotidien par les citoyens. Les rapports que les populations entretiennent avec cet espace mythique et « banalisé » suscitent des questions d’ordre anthropologique. Cette contribution a pour objectif de comprendre les représentations et logiques d’usage des acteurs et le sens qu’ils donnent à leurs interactions avec cet espace. En tant que notion et espace public, les représentations et les usages de mbedd mi, sont analysés à partir des opportunités qu’elle offre aux citoyens. Les effets découlant des conduites de ses usagers à des circonstances données sont analysés. Cette recherche s’appuie sur la méthode qualitative et sur nos travaux de thèse de doctorat portant sur jeunesse et bien public à Dakar. Une recherche documentaire, des d’observations et des entretiens ont été réalisés sur le terrain avec divers acteurs. La rue apparaît tant comme une notion symbolique qu’un espace physique. Elle fait l’objet de théâtralisation de jeux des acteurs qui y interagissent. Mbedd mi incarne un lieu carrefour de choix positivés et favorables à « l’économie des trottoirs » et figure un espace ressource de toutes les corporations. Mais, elle reste socialement construite comme un espace physique et symbolique de négation, de perversion, d’extériorisation, d’exhibition, de violence, etc.

Mots-clés : bien public, espace public, mbedd mi, représentation, usage

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